Où en est le développement du réseau de paiement en temps réel (RTP pour Real Time Payment) ? Depuis son introduction en 2017, environ 130 banques l’ont adopté aux Etats-Unis. Un début donc modeste puisque le pays compte 4 430 banques commerciales, 640 institutions d’épargne et 5 160 établissements de crédits. Car la valeur des paiements temps réel est encore mal comprise par les entreprises.

Pourquoi le paiement en temps réel reste bloqué

Le réseau RTP est opéré par The Clearing House (TCH), une association réunissant des banques et fournisseurs de moyens de paiement. Mais pour que le paiement en temps réel se développe, il faut éliminer certains blocages. Comme le besoin de customiser les systèmes ERP pour permettre les paiements en temps réel.

Un autre frein est la difficulté pour certains établissement à percevoir de la valeur dans un gain de délai de paiements de seulement une journée. Alors que c’est plutôt la disponibilité 24/7/365 du système qu’il serait intéressant de valoriser, avec confirmation instantanée des paiements. On comprend alors que cet enjeu du temps réel est aussi lié à la capacité d’automatisation des process comptables et financiers.

Une meilleure gestion du fonds de roulement

Sur ce chantier des paiements temps réel, le Royaume-Uni et l’Europe sont en avance sur les Etats-Unis. Comme l’explique Andy Lilley, vice-président automation des comptes clients chez BlackLine, « le principal levier n’est pas la vitesse mais la gestion du fonds de roulement de l’entreprise. Vous ne payez pas plus tôt ; en fait vous gagnez la possibilité de prendre une décision de paiement au moment où vous en avez besoin, littéralement jusqu’à la dernière minute ».

Pour dépasser les résistances, TCH collabore avec les éditeurs d’ERP. Pour permettre les paiements temps réel à travers des API qui font communiquer entre elles les applications. Pour le moment, le réseau RTP est plus adapté au besoin des petites et moyennes entreprises, et dans le domaine du BtoC. Car les paiements sont limités à 100 000 dollars. Mais au premier trimestre 2022 le réseau RTP étudiera la possibilité de monter cette limite à 1 million de dollars, et ainsi pouvoir s’appliquer à plus de transactions BtoB.