Les enjeux environnementaux ne peuvent désormais plus être négligés dans les discussion économiques. Mais les responsables financiers doivent faire face à un autre risque : le greenwashing ou « écoblanchiment ». Cette technique de marketing et communication, pour embellir les rapports ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), met aussi en danger la viabilité des plans ESG de ces entreprises et leurs finances. Elle les expose aussi à une mise à l’index par les régulateurs financiers, et sur le long terme ces entreprises peuvent perdre la confiance de leur clients et partenaires.

Ce que représente aujourd’hui la finance durable

Les financements liés à la durabilité ont en fait triplé depuis 2015, et les flux vers des fonds environnementaux, sociaux et de gouvernance ont été multipliés par dix. Même phénomène pour les émissions de dette durable (multipliées par huit) et la valeur des opérations liées aux enjeux ESG par les sociétés de capital-investissement et de capital-risque (doublées depuis 2015) (source : rapport de Generation Investment Management).

Mais la qualité des rapports ESG pose question

Les analystes notent cependant la faible qualité de certains engagements « nets zéro » («zéro émission nette»). Ils notent un fossé entre les objectifs et les actions, ainsi que l’absence de garde-fous pour ceux qui disent utiliser des solutions naturelles, y compris pour leur compensation carbone. Pour la société de services financiers « Generation Investment Management », le temps n’est plus aux objectifs ESG vagues et lointains. Les investisseurs ont besoin de clarté sur la façon dont les entreprises transformeront les objectifs en actions dans les prochaines années.

Les régulateurs financiers alertent sur les risques

Aux Etats-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) regarde désormais attentivement les annonces ESG des entreprises. Et a émis en avril une alerte de risque auprès des acteurs financiers. Elle veut promouvoir la communication d’informations cohérentes, comparables et fiables. Avec notamment des chiffres sur les émissions de gaz à effet de serre. Une démarche soutenue par la secrétaire du Trésor, ainsi que la Réserve Fédérale, qui a annoncé en janvier 2021 la création d’un comité de supervision du climat. Afin d’assurer la résilience d’entreprises supervisées vis-à-vis des risques financiers liés au climat.

D’après la Commission Européenne, le greenwashing est hélas généralisé parmi les e-commerçants. Dans une étude de novembre 2020, elle avait identifié que 42% des 344 magasins en ligne et distributeurs affichant des politiques durables communiquaient des affirmations fausses, exagérées ou trompeuses. Le manque de fiabilité des programmes de compensation carbone est particulièrement préoccupant et sème le doute auprès du public.