La Grande Démission (the great resignation) est un vaste phénomène de démissions professionnelles qui a commencé aux États-Unis début 2021, dans le sillage de la pandémie de Covid-19. Alors que des millions d’Américains quittent leur travail, insatisfaits de leurs conditions et de leur salaire, les responsables financiers doivent transformer leurs façons de faire pour que les carrières en finance restent attractives. C’est le sujet d’une tribune d’opinion signée par Juergen Lindner, senior vice president, global SaaS marketing, d’Oracle.

Un taux de rotation qui a un coût

En août 2021, une enquête menée par PwC a révélé que 65 % des employés étaient à la recherche d’un nouvel emploi. Et pour 88 % des cadres supérieurs que leur entreprise connaissait un taux de rotation supérieur à la normale. De plus, d’après une étude globale d’Oracle on comprend que depuis la pandémie, pour 88% des employés, c’est la définition même de succès professionnel qui a changé. 75% se sentent bloqués professionnellement et 85% ne sont pas satisfaits du soutien de leur employeur.

Les DAF doivent traduire ces chiffres en coûts attachés aux taux de rotation. Avec des estimations allant de 6 à 24 mois de salaire selon les postes occupés et les zones géographiques. En intégrant les coûts de recrutement, intégration, formation et remplacement. On comprend donc que plus d’un tiers des CFO s’inquiètent de ce fort turnover (étude PwC) et que près de la moitié (48%) changent leurs process pour être moins dépendants des connaissances institutionnelles des employés.

Automatisation et IA pour une meilleure qualité de travail

Ces employés recherchent des emplois où ils pourront éviter les tâches fastidieuses et répétitives, comme la recherche de données. Les milléniaux sont ainsi 4 fois plus susceptibles que les Baby-Boomers de vouloir travailler pour une entreprise qui utilise l’intelligence artificielle pour gérer la finance (étude Oracle). Et 95% des Génération Z pensent qu’une entreprise qui n’adopte pas les technologies court le risque de se faire dépasser par la concurrence, de prendre de mauvaises décisions et de provoquer plus de stress chez ses collaborateurs.

Les plus jeunes employés souhaitent pouvoir accéder aux données en temps réel, utiliser des systèmes d’analyse prédictive et jouer un rôle plus stratégique dans l’entreprise. Face à des systèmes et processus obsolètes, ils n’hésiteront pas à partir. Une situation complexe à gérer pour de nombreux DAF qui dépendent de la connaissance de certains employés clés pour extraire des rapports fiables de leurs systèmes d’information. Si ces employés décident de partir, ces processus peuvent s’écrouler et faire courir un risque important à l’entreprise.

Il est donc de la responsabilité des CFO d’anticiper ces risques liés à l’augmentation des taux de rotation. Et de saisir l’opportunité de transformer les processus, notamment par l’automatisation, pour répondre aux nouvelles aspirations des employés de tous âges.