Le développement des cryptomonnaies s’appuie sur la technologie de la chaîne de blocs ou blockchain. Les professionnels du chiffre ont besoin de comprendre ce fonctionnement des cryptomonnaies elles-mêmes, pour en évaluer les risques. Mais il ne suffit pas de comprendre le principe d’un système de pair à pair sur un réseau informatique décentralisé, sans intervention de banque centrale (bien qu’elles s’y intéressent de très près). Car au-delà des questions techniques, c’est aussi l’impact de la blockchain et des cryptomonnaies sur la comptabilité qu’il est important de comprendre.

Blockchain et confiance

La blockchain est « une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle. Elle est la technologie au cœur du web décentralisé et de son corollaire, la finance décentralisée » (source Blockchain France).

Pour la finance et la comptabilité, la blockchain apparait en fait comme une source de confiance, pour sécuriser les échanges. En effet chaque transaction sera enregistrée et non effaçable. Cette traçabilité, sécurité et inviolabilité est rendue possible par l’échange d’une clé de chiffrement entre deux destinataires, et l’enregistrement de la transaction dans une chaîne.

L’impact de la blockchain sur la comptabilité

Le Monde du Chiffre a interrogé à ce sujet Frédéric Léger, expert-comptable, associé et membre du directoire chez BDO France (cabinet spécialisé en Audit, Conseil, Expertise Comptable et Expertise Sociale et RH). Selon lui la blockchain permettra « d’accélérer l’audit à partir du moment où on va avoir des données en temps réel, des données sécurisées, fiables, et donc pouvoir faire des contrôles de manière exhaustive et le faire quasiment en temps réel. Donc un audit plus rapide avec une opinion et un niveau d’assurance plus élevé. »

Les experts-comptables deviendront les garants du bon fonctionnement du système et devront veiller à son maintien. Ce qui implique aussi de devoir faire évoluer les systèmes d’information. Surveiller les évolutions technologiques, notamment à travers des groupes de travail, fera donc bientôt partie du métier de comptable.