Face à l’évolution des stratégies de blanchiment d’argent, les experts comptables sont appelés à plus de vigilance. En effet, le risque est élevé que des cabinets comptables participent à leur insu à du blanchiment d’argent. Un avertissement relayé par l’Institute of Financial Accountants, un organisme comptable professionnel qui représente et fournit une certification aux comptables financiers au Royaume-Uni.

Comprendre les nouveaux risques et renforcer la due diligence

Rappelons que le blanchiment d’argent finance différentes formes de crime organisé ainsi que le terrorisme. Des réseaux bancaires souterrains servent à structurer ces pratiques criminelles. Les fraudes au « furlough » (chômage partiel) sont également en recrudescence, exacerbées par le contexte de la pandémie. Le fait que les services comptables aient basculé dans le cloud pour fonctionner en travail à distance les expose aussi à de nouveaux risques.

Les services comptables les plus exposés au risque sont ceux qui ne comprennent pas les rouages du blanchiment d’argent et n’ont pas mis en place un contrôle basé sur les risques. Les services les plus exposés au risque seraient les processus de création et de cessation d’activité, les activités comptables courantes et la paie. Le respect de la réglementation et des bonnes pratiques est essentiel pour lutter contre le blanchiment d’argent. Les vérifications ou audits de « due diligence » doivent donc être menés à un rythme régulier. En particulier pour vérifier les changements de la base client, des opérations dans de nouvelles zones géographiques ou autour de nouveaux services.

Les services les plus exposés au risque

Un des véhicules les plus utilisés pour le blanchiment d’argent sont les fournisseurs de « Trust and company formation services » (TCSP – fournisseur de services de fiducie ou d’entreprise). Ils vont servir à cacher qui est propriétaire de biens criminels et faciliter les mouvements financiers vers des zones hors juridiction.

Les réseaux criminels vont également falsifier leurs comptes et registres, en engageant de véritables comptables pour rendre leurs activités respectables. Face à des comptes incomplets, il est alors demandé aux cabinets comptables d’utiliser des données de relevés bancaires plutôt que de s’appuyer sur les livres de comptes. Une autre technique est d’enregistrer dans la paie des employés fantômes, ou de faux employés ou encore des victimes d’esclavage moderne. Enfin, certains conseils légaux d’optimisation fiscale sont également détournés pour servir des objectifs criminels.